L’école Yves COPPENS
L’école de Poilly lez Gien entre dans la préhistoire
Yves COPPENS, un des plus grands savants Français donne son nom à l’école de Poilly lez Gien et permet ainsi à l’établissement de sortir de l’anonymat des écoles primaires publiques de France
Michel LARMUZEAUX directeur de l’école et son équipe évoquent toutes les raisons, et en particulier le projet d’école et la transmission du savoir qui justifient le choix du célèbre paléontologue qui a su rester simple, pour preuve, sa présence à Poilly, alors que Yves COPPENS parcourt le monde entier et est sollicité de tous côtés par les plus grands dirigeants, savants et scientifiques. Yves COPPENS est connu et reconnu par tous et incarne la réussite dans son domaine et nul doute que nos jeunes et moins jeunes ont besoin d’exemples comme lui pour avancer.
Jean RIVIER maire de Poilly Lez Gien souligne l’ampleur de l’évènement « quand le nom d’un homme illustre apparaît sur la façade d’une école, qu’il soit littéraire, artistique ou scientifique, il devient un repère pour des générations d’écoliers mais aussi pour les adultes ». Il a insisté sur le lien qui s’établit nécessairement entre le nom et l’œuvre de la personne.
Yves COPPENS fait partie de ces hommes capables de mettre son savoir à la portée du novice et d’expliquer très simplement ce qui est difficile à comprendre, il sait descendre de sa sphère pour faire partager ses connaissances.
Jean RIVIER a ensuite remis, à Yves COPPENS, la médaille de la ville de Poilly Lez Gien et une bonbonnière en faïence de Gien.
Fabien MARMONNIER inspecteur de l’éducation nationale fait remarquer que la venue du célèbre paléontologue à Poilly Lez Gien donne tout son sens au projet d’école et partager ce moment avec lui constitue un immense honneur.
Le message d’Yves COPPENS
C’est un vrai bonheur d’avoir tous ces petits filleuls face à moi et ceci en réponse à l’hommage qui lui est rendu, et ensuite pour retenir l’attention des enfants, il leur raconte de nombreuses anecdotes, ainsi à l’école, l’appelait-on « Coco le fossile » parce qu’il s’intéressait déjà à la préhistoire. En Afrique, pendant ses recherches, ses assistants locaux lui avaient donné le nom d’une gazelle dont le dos est brun et le ventre blanc par analogie à la position du chercheur courbé sous le soleil et donc bronzé sur le dos et blanc sur la poitrine.
Mais Yves COPPENS se fait plus sérieux et sa passion, son métier ressurgissent et il déclare : Je suis un scientifique, la science, c’est d’une part, l’observation et la description de ce qui se passe sur la terre et d’autre part la tentative de compréhension de la manière dont cela marche. Comme apprendre c’est comprendre, la compréhension donne la connaissance et la connaissance donne la liberté.
Après ce message bref mais important, le savant a félicité les enfants pour les travaux, fresques dessins, grotte, masques avant d’en venir aux singes qu’il a beaucoup étudiés, là aussi sous un angle un peu humoristique. « Ce sont nos cousins et c’est très amusant de vivre avec eux ».Et de raconter qu’en mission en Côte d’Ivoire, il avait un chimpanzé et une moto. Dès qu’il l’utilisait, le singe grimpait derrière lui et indiquait les changements de direction avec ses bras sans qu’on ne lui jamais appris à le faire. A priori, l’inclinaison de la moto déclenchait le bon geste.
« La préhistoire, c’est extraordinaire parce que les objets ont une mémoire qu’il faut simplement apprendre à lire » a-t-il poursuivi. Et tout peut être lu d’autant que les techniques s’affinent et permettent d’en apprendre toujours plus. Ainsi on peut savoir si un homme préhistorique chantait en dessinant sur la roche parce que son trait reflète les vibrations de sa voix. Yves COPPENS a multiplié les exemples aussi étonnants les uns que les autres concluant qu’il ne faut pas dire que la science ne pourra jamais aller au-delà de ce qu’elle a permis de dévoiler aujourd’hui. Le génie de l’homme le conduira à repousser un peu plus les limites de la connaissance de la mémoire. « LUCY » ou AL 288, dont il a beaucoup parlé, en est un bon exemple puisque l’examen de son squelette a démontré qu’elle se tenait debout, marchait en louvoyant et pouvait grimper aux arbres.
Yves COPPENS a conclu son propos par un ultime message empreint d’humanisme : « tous les hommes de la terre sont des petits frère ou des petites sœurs de ceux qui sont nés en Afrique. Nous sommes tous au même niveau, des Homo Sapiens, de la race humaine. Puisque nous sommes tous de la même race, soyons humanistes ; j’adore l’humanité ; j’ai grande confiance en elle ».
Yves COPPENS né à Vannes le 9 août 1934 est un paléontologiste et paléoanthropologue français, professeur au collège de France.
En France, son nom est attaché à la découverte du fossile relativement complet d’Aystrapithecus afarensis surnommé LUCY, en référence à « Lucy in the sky with diamonds » chanson des BEATLES écoutée par l’équipe.
Il était avec l’Américain Donald JOHANSON et le Français Maurice TAÏEB l’un des trois directeurs de l’équipe qui l’a mis à jour le 30 novembre 1974 à HADAR dans le cadre de l’International Afar Research Expédition.
A. CHABOREL


